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 bérénice ◊ vivre et mourir la lune

 :: Gestion du personnage :: Je m'présente, je m'appelle Henri :: Mais c'est bien fini, on en a assez


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Paris fête
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parisien depuis le : 29/05/2016
rumeurs : 539
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métier/études : Astronome galactique, elle tente de prouver au monde que la fin du monde est proche.
quartier d'habitation : Milieu d'un immeuble du 3e, preuve qu'elle est moyenne dans la classe moyenne.


MessageSujet: bérénice ◊ vivre et mourir la lune   Lun 13 Juin - 23:20
Bérénice Revailly

Le ciel est de cuivre, sans lueur aucune

Nom(s) : Revailly, un nom autrefois plus connu de la campagne que de la ville. Ses parents ont pourtant choisi de le garder et non pas de changer pour adopter un nom factice créé pour changer les personnalités. Ils sont et restent des Revailly, pauvres ou riches.

Prénom(s) : Bérénice, le choix de son père, un historien de longue date, passionné par l'Antiquité. Elle porte donc le nom de cette princesse d'Orient. Plus discret, son deuxième nom, Carmen évoque plutôt l'opéra et plus communément le chant et la danse, deux passions qui avaient réuni ses parents.  

Date de naissance et âge : Elle est née le 20 octobre 2057. Elle aura donc 33 ans d'ici la fin de l'année mais n'en annonce que 32 pour le moment.

Lieu de naissance : Un hôpital quelconque du quartier administratif, à Paris.

Nationalité et origines : Française de ce qu'elle sait. On dit parfois qu'elle aurait pu être russe. Ses origines sont mystérieuses étant donné que ses grands-parents maternels sont morts durant la guerre, emportant avec eux des secrets de famille enfouis qu'ils ont toujours refusé de révéler à leur fille.

Quartier d'habitation : Elle vit dans le 3e, entre l'Elite et le bidonville, la classe moyenne.

Statut matrimonial : Divorcée depuis peu, elle a également été maman une fois, un souvenir qu'elle chasse avec haine et désespoir.

Statut social : Classe moyenne.

Métier et études : Elle a fait plusieurs années d'étude d'astronomie, a toujours été intéressée par ce qu'il y a au-delà, à défaut d'être coincé dans les murs de Paris, elle peut au moins explorer le ciel, l'espace, à la recherche d'un échappatoire. Désormais, elle travaille dans le centre de recherches astronomiques de la ville en tant qu'astronome galactique.

Statut financier : Moyen dans la classe moyenne. Elle vit dans les étages moyens des appartements du 3e, a un salaire moyen et vit moyennement.

Groupe : Paris, la réaliste.

The human behind the beast

◊ Elle était l'une des astronomes les plus distinguées et instruites. Fascinée depuis toujours par les feux d'aether qu'elle voyait dans le ciel, comme elle disait. Et sa maman lui susurrait « des étoiles mon coeur ». Elle lui a répondu qu'elle voudrait vivre toute sa vie avec les étoiles, et c'était chose faite.

◊ Et comme les étoiles gouvernent sa vie, c'est par leur biais qu'elle avait rencontré Louis. Allongée dans l'herbe, perdue dans ses pensées et dans la beauté du ciel qu'elle voyait. Il l'avait approchée, et ils étaient restés là sans rien se dire. Avant de se revoir, semaine après semaine, dans un parc du quartier des senteurs.

◊ Depuis la mort de leur fille, leur séparation était inévitable, Bérénice ayant définitivement changée. Taciturne, déboussolée, elle perd toute notion de raison. Le vrai devient le faux, et le faux le vrai. Elle croit en l'impossible, n'a plus la notion du temps, et vit dans ses pensées les plus profondes.

◊ Depuis la mort de Paula, sa fille, Bérénice est en proie à certains hallucinations et des rêves étranges. Parfois, elle est tellement fatiguée et perturbée qu'elle en vient à y croire. Si bien que, depuis peu, elle raconte à qui veut l'entendre qu'une météorite détruira bientôt Paris. Ce sont ses élucubrations qui ont précipité sa séparation avec Louis.  

◊ Bérénice, c'est la maman poule, la maman aimante qui cède tout à l'enfant dans la limite du raisonnable. C'est la maman qui a perdu son enfant trop tôt, à cause d'une attention détournée pendant trente secondes, et qui ne s'en remet pas et pense ne jamais s'en remettre.

◊ Elle est partie très tôt de chez elle pour aller vivre avec son compagnon. Elle est indépendante, n'a pas besoin des autres pour vivre. Autrefois forte et caractérielle.

◊ Aujourd'hui le portrait d'une femme détruite, elle est l'antithèse de ce qu'elle était autrefois. On découvre cette femme, on aurait presque tendance à ne pas l'appeler par son prénom, parce qu'il ne lui va plus, ne lui correspond plus. Et personne ne comprend sa perte de contrôle, sa perte de raison. On attendait sûrement trop d'elle, de par son caractère fort, on se disait que ça irait, un ou deux ans pour se remettre de sa perte mais voilà cinq ans déjà qu'elle est dans un piteux état.  

◊ Elle divague la demoiselle, et puisqu'elle pense que c'est bientôt la fin du monde, elle est également persuadée que la zone fantôme abrite des bonhommes verts. Puisqu'on vous le dit qu'elle est devenue dingo.

◊ Pour son boulot, elle est obligée de surveiller le ciel nuit et jour. Du coup, elle a parfois des gardes de nuit qui lui permettent d'être libre (et de dormir) la journée.

◊ Elle est une as dans les domaines des mathématiques et de la physique.



Que pensez-vous du gouvernement actuel ? Elle écoute sans écouter, elle regarde sans regarder. Elle se fiche pas mal du gouvernement, il fait vivre Paris, c’est bien, il en faut. Elle, elle ne voudrait pas être à leur place. Alors elle se contente de continuer sa vie. Elle ne trouve pas qu’ils font un mauvais travail, ou un bon, ils maintiennent l’ordre voilà tout. Ce monde de couleur et de folie, elle l’accepte parce qu’il est imposé, sa vie n’en serait pas changée pour autant s’ils venaient à retirer toutes ces règles demain, mais en attendant, elle les suit à la lettre, ne dit rien quand une nouvelle loi passe.

Côté mode, où vous placez-vous ? Suivez-vous la mode de Paris ou votre propre conception ? Avez-vous déjà essayé la chirurgie esthétique ? Si elle suit la mode pour ne pas être celle qu'on regarde de travers de l'autre côté du trottoir, elle n'a cependant jamais touché à un seul centimètre de son corps. Ni piercing, ni tatouage, encore moins de chirurgie esthétique. Ses cheveux gardent leur couleur naturelle d’un brun assez foncé et contrastent jour après jour avec ses vêtements excentriques et colorés. Il lui arrive de porter une perruque quelque fois, pour les grandes occasions, un anniversaire, ou un baptême, mais en temps ordinaire, elle essaye de rester elle-même tout en se fondant autant qu’elle le peut dans la masse. Elle use par contre de beaucoup de maquillage.

Que pensez-vous des districts ? Avez-vous de la famille là-bas ? Elle ne sait rien du tout des districts, simplement que c’est un lieu insalubre mais utile à Paris. Elle connaît ce qu’on lui raconte de là-bas mais n’y a jamais mis les pieds. Il faut dire qu’elle est née à Paris et que toute sa famille venait des régions aujourd’hui effacées de la carte. Nulle envie pour elle d’y mettre les pieds, ce n’est pas pour autant qu’elle ne respecte pas les gens qui viennent de là-bas. Au contraire, ça lui permet d’avoir une certaine ouverture d’esprit en connaissant leurs mœurs et en en apprenant toujours plus sur leur manière de vivre.

Aimez-vous la vie à Paris ? Ce nouveau mode de vie ? Elle aime pouvoir aller danser tard la nuit quand le sommeil ne la prend pas, elle aime toute cette fantaisie, cette fête, qu’instaure Paris. On dit que Paris était beau avant, elle aurait voulu voir ça aussi, parce que celui-ci lui convient tellement, qu’il serait difficile de réussir à faire mieux. Paris lui permet de ne jamais entrer dans une routine, après le travail, elle vogue dans la nuit à la recherche du quartier qui lui conviendra le mieux. Parfois, c’est le calme qui la gagne dans le quartier des senteurs, parfois elle veut simplement aller évacuer dans le quartier sportif, mais la plupart du temps, c’est dans le quartier du jeu qu’on la voit. Paris propose une multitude de choses, et même si on ne la verra jamais dans un casino ou dans une maison close, ça ne l’empêche pas de s’amuser à sa manière.

Votre famille descend-elle d'ancêtres habitant dans ce qui est aujourd'hui la zone fantôme ? Voudriez-vous vous y rendre ? Connaitre les lieux de vos ascendants ? Bérénice n’a jamais connu ses grands-parents, morts pendant la guerre. Lorsque ses deux parents, déjà ensembles à l’époque, ont décidé de venir se protéger à Paris, ils sont restés, eux, dans leur ville, on l’appelait alors Toulouse. Partis dans la précipitation ni sa mère, ni son père, n’ont pu emmener de souvenirs. Bérénice vit alors avec ce sentiment de ne pas connaître ses origines, ni l’endroit où a vécu ses parents durant leur enfance. Elle ne connaît Paris et ses folies, Paris et sa fantaisie. Et elle aimerait ne serait-ce qu’une fois pouvoir voir de ses propres yeux à quoi ressemblait leur environnement, même si elle se doute qu’il n’en reste plus rien aujourd’hui.


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Dernière édition par Bérénice Revailly le Mar 19 Juil - 11:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: bérénice ◊ vivre et mourir la lune   Mar 5 Juil - 22:09
Ferme tes yeux à demi

Et de ton coeur endormi, chasse à jamais tout dessein

La nuit était claire, parsemée des lueurs dont elle ne se lassait pas. Les regarder, les contempler, c'était comme arrêter le temps pour ne laisser place qu'au monde céleste. Bérénice en était captivée. Allongée au beau milieu de la Plania, les idées bien en place mais l'esprit loin déjà. Elle rêvait au temps où elle aurait fini ses études, un an encore à attendre. Un an, et elle pourrait cesser cette théorie qui la barbait pour ne faire que ça, contempler le ciel et les étoiles. C'était son désir le plus cher. Elle n'avait rien d'autres qui la poussait à avancer. Elle était grande maintenant, elle approchait de ses vingt et un ans, était en voie d'obtenir sa licence. Dans quelques années, elle pourrait quitter le cocon familial et se plonger pleinement dans sa passion. Il lui restait encore du chemin à parcourir, cinq ans, jusqu'à son doctorat. L'herbe lui chatouillait les pieds. Elle sentit une présence prendre place à ses côtés. Elle tourna légèrement la tête, un garçon s'était allongé là, tout près, il avait les yeux rivés vers le ciel aussi. Elle ne dit rien, attendant qu'il prenne la parole, mais il ne dit rien non plus. Bérénice continuait son observation, repérant les constellations visibles ce soir. Du coin de l'oeil pourtant, son regard se détournait vers le nouveau venu. La Plania n'était donc pas assez grande pour lui, il fallait que l'endroit soit désert la nuit mais qu'il vienne se coller à ses basques. Lui aussi, il l'observait, tournant la tête de temps à autre, elle le voyait bien. Mais tous deux restaient silencieux, comme si la moindre parole aurait troublé leur méditation. Une heure s'écoula, Bérénice se releva enfin, il en fit de même. Elle avait l'impression de voir son ombre se balader avec elle, elle avait l'impression qu'il l'imitait jusque dans le moindre geste. Ils restèrent l'un devant l'autre, sans mot dire. Le garçon finit par lui lancer un merveilleux sourire. Il était beau, aussi beau que ses étoiles. Il lui tourna le dos, il disparut dans la nuit. Et il revint le lendemain, reproduisant le même schéma, jusqu'à ce que le son de sa voix vienne briser leur glace.


Elle avait vécu le parfait amour. Louis lui était apparu dans sa vie comme ce dont elle avait vraiment besoin, un homme qui saurait lui montrer la beauté du reste du monde. Un monde qui saurait la calmer quand elle ne saurait plus où donner de la tête, qui saurait la redescendre sur terre quand elle était trop sur son nuage. Il était le milieu de ses deux extrêmes à elle. Il la comprenait mieux que personne. Il était un passionné pour tout, il lui semblait qu’il savait tout faire. Des grands discours, à la science, des belles phrases aux mathématiques, il était brillant, à tout égard. Et elle l’aimait sincèrement, Louis. Elle l’aimait comme elle n’avait jamais aimé personne auparavant, et il lui semblait qu’il l’aimait aussi. Ils s’étaient mariés l’année suivant leur rencontre, tout avait été rapide, ils ne voulaient pas perdre de temps. Elle avait donc vingt-deux ans quand il avait soulevé son voile coloré de son visage. Elle avait commencé son master, lui travaillait déjà. C’est grâce à son salaire qu’ils avaient pu s’installer ensemble dans l’un des tous petits appartements du quartier de la classe moyenne. Les quatre années qui suivirent furent des plus merveilleuses. Ils ne cessaient de se redécouvrir, de partager et tout et n’importe quoi ensemble. Ils avaient fait le tour de Paris, avant de le faire encore et encore, ne s’en ennuyaient jamais. Une fois par semaine, ils allaient à la Plania, une habitude dont ils ne se lassaient pas.

Bérénice avait décroché son master haut la main, elle travaillait désormais au centre scientifique. Ils avaient une vie stable. Grâce à leurs deux salaires, ils avaient pu bénéficier d’un appartement plus haut. Plus d’espace, plus de tranquillité, ils avaient même une chambre de trop. Une chambre qu’ils comptaient bien remplir avec un nourrisson. Quelques mois après l’obtention de son diplôme et de son nouveau travail, Bérénice tomba enceinte d’une petite fille. Très attendue au sein du couple, ils avaient décoré toute la chambre de tout ce qu’ils avaient pu se permettre d’acheter. L’arrivée imminente de l’enfant avait mis une atmosphère de fête dans leurs deux familles respectives. A quelques jours de la naissance, le couple organisa une grande réception dans leur appartement. Pour l’occasion, les grandes robes avaient été sorties, les robes les plus folles, les plus colorées. Et quand enfin Paula pointa le bout de son nez, ils lui firent découvrir Paris comme ils l’avaient fait les années précédentes. Ils l’emmenèrent le soir visiter les jardins, le weekend ils allaient se promener dans le quartier des vestiges. Paula reçut tout l’amour que ses deux parents avaient à lui donner. Bérénice était heureuse, le monde lui souriait.


Paula avait quatre ans, elle était tout ce qu’il y avait de plus adorable. Elle était calme et douce, « comme sa maman », disait souvent Louis. Il était vrai que Bérénice avait un tempérament plutôt calme la plupart du temps, il lui arrivait d’être plus colérique, mais globalement elle faisait preuve de beaucoup de patience. Maintenant qu’elle pouvait marcher facilement toute seule et qu’elle avait gagné en attention et en agilité, Bérénice et Louis avait décidé d’emmener la fillette voir les chutes boréales. C’était probablement l’un des endroits préférés de Bérénice, dans tout Paris. Ils traversèrent ponts et cailloux sur la rivière. Paula faillit tomber dans l’eau à plusieurs reprises, faisant refouler plus d’un rire à ses parents. Après plusieurs minutes de marche, le bruit des cascades commença déjà à se faire entendre. Quelques minutes encore et le ruisseau qu’ils suivaient termina enfin sa course dans un énorme trou. Les chutes boréales. Il ne faisait pas assez beau pour voir des arcs-en-ciel venir embellir le tout, mais le spectacle était aussi beau que dans son souvenir, lorsqu’elle y venait seule avant, avec Louis. La puissance de l’eau les aspergeait à mesure qu’ils s’avançaient. Paula était émerveillée, ça se lisait dans ses yeux. Bérénice et Louis étaient obligés de la tenir pour ne pas qu’elle court dans tous les sens. Ils s’approchèrent jusqu’à la barrière et la petite s’agrippa aux barreaux pour admirer le spectacle.

Louis, qui était resté en retrait, semblait farfouiller dans sa poche. Bérénice resta à côté de Paula. « Nice, je ne trouve plus les clés, c’est toi qui les avais prises ? » Elle se retourna et revint à ses côtés pour l’aider à chercher dans leurs sacs respectifs, elle regarda elle même dans l’un des plis discrets de sa grosse robe verte où elle pouvait ranger quelques bricoles. Finalement, Louis brandit les clés qui s’étaient glissées à l’intérieur de l’un de ses carnets. Soulagée, Bérénice releva la tête. Elle se figea. Un homme avait fait monter Paula plus haut sur la barrière, et même si elle restait derrière, elle était beaucoup trop haute et pouvait basculer à tout moment. « Paula, redescends tout de suite. » La petite qui avait entrepris de se pencher pour espérer apercevoir le fond de la cascade tourna la tête, suivant la voix de sa mère. L’homme ne la tenait plus, ses mains glissèrent. « PAULA ! » Elle perdit l’équilibre. Bérénice courut du plus vite qu’elle put. Paula bascula. Bérénice cria. Paula était partie. Trop lente. Trop faible. Elle s’agrippa à la barrière et pencha sa tête. Tout était noir au fond, mais elle aperçut, dans l’un des rares rayons de soleil, une chaussure rouge. Elle s’époumona. Elle voulut passer par dessus elle aussi, elle voulait aller l’aider, la retrouver. Elle allait bien. Tout irait bien. Elle monta un pied sur le premier barreau et elle sentit deux mains l’attraper par derrière et la tirer de là. Louis la prit dans ses bras. Encore sous le choc, le mari ne réalisait pas, le père ne comprenait pas. Le monde s’était figé. Les personnes disséminées autour de la barrière se turent. Ils avaient été trop loin pour l’aider, eux aussi, ils étaient tous agglutinés de l’autre côté, là où c’était plus beau, là où on voyait mieux. Le seul responsable, c’était cet homme, cet inconscient. La seule responsable, c’était elle, qui n’avait pas surveillé assez sa fille, qui n’avait pas su courir assez vite pour lui éviter une mort tragique. Même les oiseaux arrêtèrent leur chant, perturber par les cris de Bérénice, et ses larmes aussi. Elles coulaient sans s’arrêter, elle n’avait plus de voix, elle n’avait plus d’espoir, elle n’avait plus de vie. Comme d’un fait exprès, des nuages vinrent assombrir la scène, un vent froid fit frissonner les alentours. Le rayon partit définitivement, cachant la chaussure rouge dans l’ombre. Louis lâcha finalement Bérénice qui s’effondra à terre. Elle entendit des coups. Ils se battaient. Si Bérénice n’avait que ses larmes pour faire face à ce qu’il venait de se passer, Louis usait, lui, de la force envers l’homme qui avait causé la perte de leur enfant.

Trois jours avaient passé. Des professionnels étaient descendus dans le trou, ils avaient ramené Paula. L’enterrement, comme de coutume, avait été joyeux. Des couleurs partout, de la musique, la fête. Mais le masque que portait Bérénice permettait bien de cacher ses larmes et son visage remplit de douleur. On voyait bien qu’elle ne souriait pas, elle ne le pouvait pas, pas aujourd’hui. Elle ferait la fête plus tard. Elle s’était laissée entrainer à danser, elle avait fait de son mieux. Mais le cercueil était bien trop petit, Paula était bien trop jeune, et elle n’avait pas été une bonne mère.


Elle avait les mêmes yeux, les mêmes cheveux. C’était Paula, mais avec des années de plus. Elle lui ressemblait, ce même petit visage rond. Elle l’avait vue devant leur appartement, allongée, faisant la manche. Une fille du bidonville. Ce ne pouvait pas être une coïncidence qu’elle se retrouve ici, du moins ce n’en était pas une pour Bérénice. C’était Paula, sa Paula, sous une autre forme. Elle lui avait tendit la main, l’avait invitée chez elle. Cette fille la captivait autant qu’elle l’intriguait. Louis était rentré, il l’avait vue, il avait commencé à poser des questions, d’horribles questions, des questions qu’on ne pose pas comme ça devant les gens, aussi sèchement. Il était devenu facilement irritable depuis l’accident, il s’énervait pour tout, quand Bérénice pleurait pour rien. C’était ironique, de voir leurs rôles s’inverser. La calme et le tempérament de feu. Il avait fichu la jeune fille dehors, il avait crié sur Bérénice. Il ne comprenait pas pourquoi elle l’avait amenée ici. Et elle lui expliqua Bérénice, elle lui expliqua. « C’est elle, tu ne le vois pas ? Elle lui ressemble tellement… » Il avait caché son visage dans ses mains, avait soupiré longuement. Non, il ne comprenait pas. Non, elle ne lui ressemblait pas pour lui. Car Paula était morte, et personne ne pourrait jamais lui ressembler, jamais personne ne pourrait prétendre lui ramener une part de sa fille. Il voyait bien que sa femme n’était plus la même, qu’elle avait changé. Il voyait bien qu’elle déraillait. Il lui avait demandé si elle avait parlé de ses rêves à la fille. « Oui, elle était fascinée. Je sais bien que tu me demandes de pas y penser, de ne pas en parler, d’oublier. C’est difficile Louis. Ca semble si réel. » Bérénice aussi était morte, sa Bérénice. Tombée dans ce trou avec Paula. Il avait tout perdu. Pourtant, voilà déjà un an que Paula était morte, perdue dans ce tragique accident, déjà un an que Bérénice avait commencé à faire ces rêves étranges. Elle voyait des gens de son entourage et non plus des inconnus comme depuis qu’elle était toute petite. Elle voyait des faits réels et non plus des songes n’ayant ni queue ni tête. C’était comme si on lui envoyait un message et elle était persuadée que c’était ça, littéralement, un message venu de l’au-delà, une sorte de messie à sa manière si l’on veut. Un message de Paula elle-même, qui sait ? Et si son mari l’avait d’abord gentiment écoutée, désormais il lui semblait qu’il n’écoutait même plus quand elle lui parlait. Il lui avait demandé d’arrêter de les évoquer, de garder ça pour elle. Mais comment faire, c’était de trop… Il y a une semaine, elle avait vu la galaxie, le Soleil, une explosion. Elle avait vu la Terre partir en mille morceaux et la vie s’arrêter. Elle ne pouvait pas garder ça pour elle. Elle avait réussi, tout du moins, à y réfléchir pendant une semaine, devait-elle lui dire ou lui cacher ? Si la fin du monde approchait il fallait que toute la communauté scientifique le sache. Elle avait donc demandé conseil à Louis, comme elle le faisait toujours. Et celui-ci l’avait gentiment rappelée à l’ordre. Tu ne dois pas parler de ça. C’était facile à dire lorsqu’on n’avait pas ces scènes horribles dans la tête. Elle prévoyait parfois le temps qu’il allait faire, des rencontres entre deux personnes… Jamais rien de tout ça n’arrivait. Mais celui-ci… Non, il ne rentrait dans aucune catégorie et cela lui faisait peur. Tout devait être rangé, organisé et puis là, tout lui échappait. Sa vie, juste après la perte de sa fille, avait été un tel chaos. Il avait fallu faire la cérémonie, prévenir les parents, faire face, et seulement après, après on pouvait vraiment y penser. Alors, la seule solution, pour elle, avait été de faire autre chose, de ne pas penser, ne pas penser pour ne pas pleurer, ne pas pleurer pour ne rien laisser paraître. Mais c’était trop dur. A l’appartement, elle veillait à ce que rien ne traine et il en fut de même dans son esprit. Car si quelque chose manquait à l’appel, si un petit détail ne rentrait pas dans une case, elle ne savait plus gérer. C’est dans ces moments là que Louis rentrait en jeu, il arrivait toujours à la calmer, à lui dire que tout allait bien se passer. Mais plus il essayait, plus elle s’obstinait, Bérénice. Il avait laissé tomber le calme pour la colère, il avait élevé le ton une fois, et désormais il ne savait plus faire autrement pour la raisonner. Au fond, Bérénice savait que non, que tout espoir s’était envolé lorsqu’elle avait vu la chaussure rouge au pied de la cascade. Après, tout était noir, tout était brouillon. Seul cet ordre lui permettait de faire semblant.
Parce que sinon c'est un peu long:
 

La vie aux côtés de Bérénice n’était plus gérable mais elle, elle ne s’en rendait pas compte. Alors, le plus simple, c’était encore de partir, de la laisser. Elle le voyait dans son regard que c’était la fin, qu’il allait partir. Elle ne savait plus que faire pour le rattraper. Tout lui échappait. Louis ne pouvait pas s’en aller, non, pas maintenant. Elle ne le supporterait pas, comment le pourrait-elle ? Les larmes brouillaient son joli visage détruit, creusé par le sommeil qui venait à lui manquer parfois, par le stress aussi et par toute la tristesse du monde qu’elle portait sur ses petites épaules frêles. « Louis… Ne me laisse pas. » Mais c’était trop tard, elle le savait. Il avait déjà pris sa décision. Déjà, il lui tournait le dos et s’apprêtait à partir. Il lui semblait qu’il ne lui dirait pas un mot, qu’il partirait comme ça, sans rien dire. A quoi bon de toute façon, tout était déjà dit. Bérénice connaissait très bien les raisons de son départ, il était inutile de continuer les explications, elles avaient déjà été trop nombreuses. La porte s’ouvrait, et elle se sentait impuissante. Devait-elle murmurer de derniers mots ? Elle fit quelques pas, mais il ne se retournait pas. Il ne pouvait pas la laisser sans un dernier au revoir. De simples regards, c’est tout ce qu’elle aura eu. « Louis je t’en pris. » C’était comme si le simple fait de dire et répéter son nom atténuait un peu la douleur. « J’ai besoin de toi. » La porte claqua.


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